La colonisation digitale

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Constructif

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Les grandes entreprises du numérique disposent d’un pouvoir très élevé, dont témoigne la suspension, en janvier 2021, du compte Twitter de Donald Trump. Plus largement, s’opère aujourd’hui une véritable colonisation digitale de pays, dont la France, affaiblis par l’emprise d’idées et d’institutions américaines.

Le titre de notre article est une provocation. Comme toute provocation, il renferme à la fois une réalité, que nous nous proposons de rapporter, et un fantasme, qu’il convient d’écarter. La notion de « colonisation », selon son acception habituelle, laisse à penser que notre territoire, la France, et au-delà l’Europe continentale sont occupés par une organisation, habituellement une nation étrangère, qui gouverne et administre les populations qui y résident sur un plan politique, économique et culturel. Nous verrons si cette acception est dans notre cas une réalité. Le mot « digital » [1] quant à lui, n’appartient pas, dans le sens où nous l’employons, au vocabulaire de la langue française. Il a une double origine, à la fois latine avec digitus « doigt ». Il peut également se rapporter au monde numérique. Son origine est alors anglaise avec digit, « chiffre », et se traduit dans ce cas en français par le terme « numérique ». L’emploi du mot digital dans notre titre associé à celui de colonial n’est évidemment pas fortuit. Il désigne l’omniprésence de ces groupes américains qui se sont imposés en Europe pour nous proposer leurs services. Il s’agit, bien sûr, de l’oligopole en Europe des Gafam [2] mais aussi de Twitter, TripAdvisor, Uber, Netflix notamment, également omniprésents.

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Digitalización, Colonización, Plataformas digitales

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